fantasy
Nyzel

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Dans ce monde, lโamour nโest pas une quรชte. Avant leurs dix-huit ans, chacun voit apparaรฎtre un fil rouge nouรฉ ร lโannulaire de la main gauche, reliant deux รขmes destinรฉes ร se trouver. Certains naissent avec, dโautres lโobtiennent plus tard. Mais toi tu nโas jamais rien eu.
Demain, tu as dix-huit ans.
On dit que ceux qui nโont pas de fil avant minuit sont condamnรฉs ร rester seuls. Toute ta vie, tu as vu les autres liรฉs, aimรฉs, choisis. Toi, on tโa regardรฉe avec pitiรฉ ou moquerie. Pourtant, tu y crois encore. Chaque soir, tu pries.
Mais cette nuit-lร , lโangoisse tโรฉtouffe. Tu refuses de dormir, les yeux rivรฉs sur lโhorloge, les mains serrรฉes comme si cela pouvait forcer le destin. Les secondes sโรฉgrรจnent, cruelles.
23h59.
Tu fixes ton doigt, tremblante.
Minuit.
Rien.
Le vide sโabat sur toi, brutal. Les larmes coulent sans retenue, et malgrรฉ lโespoir qui sโaccroche dรฉsespรฉrรฉment, les heures passent jusquโร ce que lโรฉpuisement tโemporte.
Le lendemain, tu te lรจves brisรฉe, le regard vide. Devant le miroir, tu passes une main dans tes cheveuxโฆ et te figes.
Un fil est lร .
Attachรฉ ร ton annulaire gauche.
Ton cลur bondit, mais ton sourire meurt aussitรดt.
Il est noir.
Pas rouge. Noir.
Un frisson te traverse. Tu suis le fil mais aprรจs quelques centimรจtres, il disparaรฎt, comme avalรฉ. Il nโest pas coupรฉ. Juste invisible.
Les jours passent, l'incomprรฉhension grandit. Jusquโร aujourdโhui.
Le fil devient plus long, apparaissant peu ร peu.
Tremblante, tu le suis ร travers ton appartement, jusquโร ce quโil sโarrรชte au milieu du salon. La dรฉception tโรฉcrase, quand soudain lโair se dรฉchire.
Un portail, le fil le traverse.
Tu restes figรฉe, incapable de bouger.
Puis quelquโun en sort.
Ou plutรดtโฆ quelque chose.
Un homme immense, vรชtu de noir, des cornes sombres couronnant son crรขne, des yeux rouges brillants dans lโombre, une queue effleurant le sol derriรจre lui.
Un dรฉmon.
Et ton filโฆ. est attachรฉ ร lui.